Jessica BRUDEY, jeune femme entrepreneure creatrice Foodiles en Guadeloupe

Peux tu nous présenter ton entreprise et son évolution.                       

ORANGE & ELLES-18 FBK (1)

Bonjour,

J’ai lancé Foodiles, 1ére application de géolocalisation des restaurants  de la Caraïbe , il y a bientôt un an et demi. Pour le moment, je suis focalisée sur la Guadeloupe et je propose une application disponible sur IOS & Android , un site web www.foodiles.com , un blog www.foodilesleblog.com  et des réseaux sociaux mettant en valeur les meilleures adresses gourmandes. 

Que vous recherchiez un japonais, de la cuisine du monde ou tout simplement de la cuisine traditionnelle, vous avez accès à plus de 400 adresses. L’idée de départ est vraiment de fournir un outil permettant d’arrêter de chercher où manger. Les adresses sont classées par type, par ville, par prix ou tout simplement « Près d’ici ». Je travaille en partenariat avec les restaurateurs afin de les accompagner dans la transition numérique, de leur permettre  de toucher une clientèle toujours plus connectée.

Quels sont les  difficultés et les leviers que tu  as rencontré dans la creation de ton entreprise ? 

Il existe pléthore d’organisme d’accompagnements en Guadeloupe mais peu dans le digital. Le business model  d’une startup n’est pas figé comme celui d’une boulangerie par exemple. On  (les organismes, les banques…) nous demandent de nous adapter, de rentrer dans des cases. Or, ceci n’est pas possible. Il est primordial de se trouver un réseau de pairs (commençant comme nous ou plus aguerris) nous permettant d’échanger sur les trucs et astuces pour réussir.  Sinon, la solitude de l’entrepreneur qui n’est pas un mythe risque vite fait de nous rattraper et de nous enfermer dans un marasme et dans un brouillard sans limite.

Les difficultés sont d’ordre économique également. Ne pas confondre chiffre d’affaires et bénéfices n’est pas une gageure. Il faut être prêt à vivre des moments difficiles avant de voir le succès notre entreprise.Enfin, la chose primordiale est de trouver un compagnon ou une compagne de vie qui comprenne nos absences, nos présences-absences et le fait qu’au lieu de rapporter du revenu nous en dépensons.

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Trois conseils que tu donnerais aux jeunes femmes et aux accompagnateurs professionnels pour  aider les jeunes  femmes   qui veulent entreprendre ?

  • Etre extrêmement organisé et rigoureux : dans la gestion, des dossiers (clients, organismes) et avoir une to do list afin de planifier nos actions,
  • Etre conscient que le succès ne pourra pas venir tout de suite dans 95% des cas,
  • Etre entouré
  • Tomber 100 fois et se relever 101 !

Jessica Brudey , Foodîles www.foodiles.com

Jessica BRUDEY, jeune femme entrepreneure créatrice de Foodiles

Veux tu nous presenter ton entreprise et son evolution.

ORANGE & ELLES-18 FBK (1)

Jessica Brudey, fondatrice de Foodiles.                       

Bonjour,

J’ai lancé Foodiles, 1ére application de géolocalisation des restaurants  de la Caraïbe , il y a bientôt un an et demi. Pour le moment, je suis focalisée sur la Guadeloupe et je propose une application disponible sur IOS & Android , un site web www.foodiles.com , un blog www.foodilesleblog.com  et des réseaux sociaux mettant en valeur les meilleures adresses gourmandes. 

Que vous recherchiez un japonais, de la cuisine du monde ou tout simplement de la cuisine traditionnelle, vous avez accès à plus de 400 adresses. L’idée de départ est vraiment de fournir un outil permettant d’arrêter de chercher où manger. Les adresses sont classées par type, par ville, par prix ou tout simplement « Près d’ici ». Je travaille en partenariat avec les restaurateurs afin de les accompagner dans la transition numérique, de leur permettre  de toucher une clientèle toujours plus connectée.

Quels sont les  difficultés et les leviers que tu  as rencontré dans la creation de ton entreprise ? 

Il existe pléthore d’organisme d’accompagnements en Guadeloupe mais peu dans le digital. Le business model  d’une startup n’est pas figé comme celui d’une boulangerie par exemple. On  (les organismes, les banques…) nous demandent de nous adapter, de rentrer dans des cases. Or, ceci n’est pas possible. Il est primordial de se trouver un réseau de pairs (commençant comme nous ou plus aguerris) nous permettant d’échanger sur les trucs et astuces pour réussir.  Sinon, la solitude de l’entrepreneur qui n’est pas un mythe risque vite fait de nous rattraper et de nous enfermer dans un marasme et dans un brouillard sans limite.

Les difficultés sont d’ordre économique également. Ne pas confondre encart-FOODILES-2chiffre d’affaires et bénéfices n’est pas une gageure. Il faut être prêt à vivre des moments difficiles avant de voir le succès notre entreprise.Enfin, la chose primordiale est de trouver un compagnon ou une compagne de vie qui comprenne nos absences, nos présences-absences et le fait qu’au lieu de rapporter du revenu nous en dépensons.

Trois conseils que tu donnerais aux jeunes femmes et aux accompagnateurs professionnels pour  aider les jeunes  femmes   qui veulent entreprendre ?

  • Etre extrêmement organisé et rigoureux : dans la gestion, des dossiers (clients, organismes) et avoir une to do list afin de planifier nos actions,
  • Etre conscient que le succès ne pourra pas venir tout de suite dans 95% des cas,
  • Etre entouré
  • Tomber 100 fois et se relever 101 !

Jessica Brudey – www.foodiles.com

Rencontre avec Lhamo Svaluto propriétaire de Momo

Une femme entrepreneure voit un projet d’une façon plus globale. Elle voit plus les implications sociales et environnementales.

LHAMO SVALUTO - photo prise par Sophie Dewulf

LHAMO SVALUTO – photo prise par Sophie Dewulf

Nous avons rencontré Lhamo Svaluto, 38 ans, qui a ouvert depuis 2 ans un petit restaurant à Ixelles spécialisé dans les raviolis tibétains, les momos. Elle travaille avec des produits locaux et issus de l’agriculture biologique dans la mesure du possible. Pour créer son activité, Lhamo s’est faite accompagner par Village Partenaire.

Quel est votre parcours ?

Au départ, je n’étais pas du tout destinée à devenir restauratrice. J’ai fait des études en sciences politiques et j’ai d’abord travaillé comme fonctionnaire au ministère de l’intérieur. Très vite, j’ai compris qu’ une fonction de fonctionnaire, ce n’était pas fait pour moi. J’ai donc quitté. Ensuite, j’ai travaillé dans une ONG. C’était déjà quelque chose plus destiné à ma personne mais malgré tout, il manquait le côté “prendre des risques”, l’aspect “entreprendre”. Je crois que c’est un petit peu en moi, ça.

Après, comme beaucoup de femmes, il y a un gros bouleversement quand on a des enfants. J’ai arrêté de travailler quand j’ai eu mon premier enfant. Et puis j’ai eu mon deuxième enfant. Ce temps de pause était vraiment un temps qui a été profitable et je me suis dit : “maintenant, si je me lance, je me lance dans un projet plutôt personnel”. C’est comme ça que m’est venue l’idée de lancer ce commerce.

Combien de temps s’est écoulé entre l’idée de démarrer une activité et l’ouverture du restaurant ?

Pour moi cela a été assez rapide. Dans un premier temps, ce qui m’intéressait c’était d’entreprendre un projet. Il se fait que ça a été dans la restauration mais mon premier projet n’était pas dans la restauration. C’était autre chose, qui m’a pris au moins 2 ans, pour après réaliser que ça ne débouche pas toujours sur une réussite. Avec les conditions du moment, ce n’était pas réalisable. Il y a des projets qu’on a en tête : il y en a qui sont réalisables et d’autres  qui le sont moins. C’est important aussi de prendre conscience de cela pour ne pas traîner ou rester sur une frustration.

Vu que le premier projet semblait irréalisable, en tout cas à ce moment là, j’ai décidé de changer de cap et d’aller vers un deuxième projet qui me semblait beaucoup plus facile à réaliser. Du coups, à partir du moment où j’ai eu l’idée de me lancer, jusqu’à l’ouverture de ce restaurant, ça a duré entre avril et novembre 2013, donc 7 mois. Mon premier RDV avec Village Partenaire, c’était en avril 2013. J’étais prête déjà vers le mois d’août, mois de septembre. Après, il fallait trouver le local. Je l’ai trouvé au mois de septembre. Le temps de réaliser quelques travaux, etc. Ça a mis un peu de temps. Mais globalement ça a été assez rapide.

Comment vous vous êtes rendue compte que le premier projet n’était pas réalisable ?

Il y avait beaucoup d’éléments indépendants de ma volonté, beaucoup de conditions externes. Je devais travailler avec le Tibet, pouvoir rentrer au Tibet, être en contact avec les locaux sur place. Vu la condition politique sur place, je n’ai pas de prise là-dessus, c’était beaucoup plus compliqué. Je me suis rendue compte que pour un premier projet, il faut faire un projet réalisable, sur place, où le succès du projet ne dépend que de soi-même.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées en tant que femme entrepreneure ?

Je ne peux pas dire que j’ai rencontré des obstacles précis en tant que femme. Mais je me suis rendue compte d’une chose : par rapport au développement par après, sans doute que si je n’étais pas une femme, le développement aurait été peut-être plus rapide. J’ai ouvert un restaurant ici, et ça fonctionne bien. Mais l’idée c’est de ne pas m’arrêter ici, de pouvoir en développer d’autres. Là je vois que c’est quand même un obstable dans le sens où je suis maman de 2 enfants et j’ai fait en sorte que ce commerce n’empatisse pas trop dans ma vie personnelle. Il y  peu d’heures d’ouverture du restaurant comme cela ça me permet vraiment d’avoir un équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle.

Par contre pour le développement, je me suis déjà dit que si je n’avais pas d’enfant ou si je n’étais pas une femme tout simplement, peut-être en tant qu’homme ayant des enfants, cela aurait été plus facile pour le développement.

Vous êtes maman de deux enfants. Comment le lancement d’activité a été accueilli par vos enfants et votre famille ?

Mes enfants sont tout petits donc ils ne comprennent pas trop bien. Mais de la part de mon mari, j’ai eu tout le soutien. Et puis j’ai une vie normale : il n’y a que 2 jours où je rentre tard mais c’est tout. J’ouvre à midi et à 15h j’ai fini ma journée. J’ai fait en sorte justement d’avoir cet équilibre. J’imagine que si j’avais ouvert comme un restaurant normal, presque tous les jours, midi et soir, je pense que la famille et mon mari l’auraient vu différemment. J’ai équilibré de façon à ce que mon absence ne soit pas trop ressentie. Du coups, ça aussi c’est des limites.

Avez-vous eu peur ? Avez vous vécu des hauts et des bas ?

Oui, j’étais un petit peu anxieuse. Mais c’était peut-être lié au fait que je me lançait dans un truc qui était tout-à-fait nouveau. Pour moi la restauration, c’était la première fois. Et je ne suis pas forcément une bonne cuisinière. J’ai ouvert ici pas forcément par passion de la cuisine, mais plus par passion de faire quelque chose, un projet.

Je ne savais pas la réaction des clients. J’étais bien entourée, j’avais une bonne équipe. On est évidemment anxieuse par rapport au produit qu’on propose : est-ce qu’il va avoir des bonnes réactions ? Est-ce qu’il va y avoir de l’enthousiasme ?

Par contre, je n’ai pas eu d’autre soucis plus particuliers à d’autres entrepreneurs parce qu’ils ont mis beaucoup d’argent, pour qui il faut que le projet fonctionne vraiment. Moi je n’ai pas eu trop ce souci-là parce que j’ai eu la chance de trouver un établissement où tout y était. Donc je n’ai pas du faire beaucoup d’investissements, il n’y avait pas de fonds de commerce donc j’ai dû faire un prêt qui est presque ridicule pour quelqu’un qui se lance dans la restauration. A ce niveau là, je n’étais pas emprisonnée. Ca permettait de commencer avec une certaine sérénité. Mais je suis consciente que c’était une chance, un privilège.

Avez-vous des recommandations à faire à des jeunes femmes qui hésitent à se lancer ?

Osez ! L’important c’est de se sentir en phase avec soi-même, de ne pas vivre avec des frustrations.

C’est ce qui vous a motivé à lancer votre projet ?

Oui, j’ai compris que j’avais une personnalité assez indépendante et ce n’était pas très agréable pour moi de travailler pour quelqu’un et de recevoir des directives. C’est quelque chose que j’ai compris. Je ne pouvais être satisfaite que dans un endroit où je fais à ma façon.

Dans un premier temps, quand j’ai ouvert ici, c’était un projet plus global avec une équipe de femmes que je connais depuis un certain temps et qui ont des difficultés à trouver du travail, qui ne sont pas intégrés dans le paysage et qui ont un certain nombre d’obstacles dans leur vie pour s’émanciper. Je voulais les intégrer dans le projet. On était une équipe pour permettre à ces dames de travailler et de garder une certaine dignité via le travail. Après 2 ans, il y en avait 3, il n’y en a plus qu’une. Ce sont des femmes qui sont fragilisées au départ, qui ont des fragilités physiques, mais ce sont des femmes très fortes. Au départ c’était un projet à caractère social mais qui s’est dirigé vers autre chose, indépendamment de ma volonté. La deuxième femme est partie car elle a déménagé dans une autre partie de la Belgique. Cette dame ne travaille pas maintenant. Mais cela a été une expérience intéressante pour elle de savoir ce que signifie le travail.

Je pense que les femmes sont plus sensibles quand elles se lancent à aller vers quelque chose à l’aspect global plutôt que purement vers les bénéfices.

Pour découvrir Momo : http://mo-mo.eu/

Propos recueillis par Virginie Dewulf et photo prise par Sophie Dewulf

Le micro entreprenariat féminin à Madagascar, un regard observateur de l’ONG C-For-C

LOGO C FOR CDepuis sa création en 2007, l’ONG C-For-C focalise sa mission dans l’appui des personnes travaillant dans le secteur informel que l’on définit aussi comme du micro-entrepreneuriat. A Madagascar, étant parmi les pays les moins avancés, ce secteur occupe une très grande place, et bien qu’informel, ce secteur est parmi les domaines locomotives de l’économie nationale.

Depuis 2012, l’institut national de la statistique ou l’INSTAT à Madagascar, n’a plus de données récentes concernant la situation du secteur du micro-entrepreneuriat. C’est pour cette raison, et par soucis d’adéquation des projets à la situation réelle du Pays, que l’ONG C-For-C a décidé de mener des observations, et des études sur le domaine de l’entrepreneuriat féminin à Madagascar.

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Les chiffres parlent d’eux-mêmes si l’on ne considère que ceux-ci, mais les premières observations menées sur terrain, sont encore plus parlantes. Nous avons mené notre première observation dans le quartier des 67Ha, un quartier populaire, cosmopolite, et parmi les plus pauvres de la ville d’Antananarivo, la capitale de Madagascar. L’activité économique de ce quartier est intense. En effet, Elle prend place à chaque coin de rue, sur tous les trottoirs, en dehors des limites des places de marchés.  Bref, tout le quartier est inondé de marché ambulant, ce qui représente 70% des activités économiques. Ensuite arrive le secteur agro-alimentaire, les mini-restos, les « bouffes mobiles », les petits snacks, qui représente 20%. Enfin les services comme les taxiphones, qui couvrent 10%. Les habitants ne vivent que de cela, une petite activité de subsistance, qui n’est pas protégée, n’est pas pérenne et n’est pas viable. Les femmes sont en majorité dans ce secteur, 60% de la population féminine de ce quartier nourrit sa famille avec les revenus de ces petites activités génératrices de revenus. Ces femmes sont issues de la couche de la population la plus pauvre du Pays. En effet, seules 1 femme sur 7 a fait des études supérieures. Ces femmes vivent de cette activité au jour le jour et n’ont pas une vision plus grande de leur avenir.

C-For-C considère ces petites activités comme étant de l’entrepreneuriat. Ces petits « business » du secteur informel font vivre 3 familles sur 5 à Madagascar. Il est temps de les considérer.

A suivre…