Clotilde RAZAFIMBAVY « Etre jeune et femme ne doit pas empêcher d’entreprendre .. »

Clotilde RAZAFIMBAVY, gérante propriétaire de la THONERIE de BOENY 

photo clotilde

1.Présentation de l’entreprise  

La THONERIE de Boeny a vu le jour en 2010, après un concours de projet lancé par  le Ministère de la Culture et des loisirs, via le programme de Fonds d’Insertion pour les Jeunes. Ainsi, une entreprise toute récente qui a connu des hauts et des bas, mais qui a surtout résisté grâce à une forte persévérance de la jeune fondatrice. L’idée de s’introduire dans la filière « thon » venait surtout de la prise de conscience sur la dévalorisation de la filière dans la Région Boeny, alors qu’elle représente un grand potentiel pour le développement de la Région … Clotilde y étant originaire.

2.Trouver  les sources de financements

Élue lauréate du concours, Clotilde RAZAFIMBAVY a reçu un financement pour démarrer son projet. Malgré le fait que cette somme soit peu suffisante pour financer la totalité de son projet, avoir gagné à ce concours a déclenché sa motivation à entreprendre. Issue d’une famille pas très aisée, son poste de Comptable auprès de Réfrigepêche (une grande poissonnerie à Mahajanga – Région Boeny) lui a permis de s’autofinancer.  Comme toute jeune startup, le besoin de financement se fait toujours sentir ; c’est alors que Clotilde RAZAFIMBAVY avait demandé du
crédit auprès de diverses institutions mais, ne disposant pas d’assez de garantie, ce fut vain. Ainsi, elle a été obligé de recourir auprès des usuriers (taux de crédit à 50%, à rembourser en quelques mois.) … ce qui lui importait c’était d’en sortir vainqueur peu importe les moyens.

Actuellement, la THONERIE de Boeny a réussi à percer le marché, et ses marchés cibles commencent à se définir petit à petit : supermarchés, restaurants, les passionnés de cuisine. Le succès de Clotilde est principalement dû à sa persévérance et à sa passion ….


3.Concilier la vie privée et vie professionnelle

À la fois mère de famille et chef d’entreprise« Tout n’est pas cadeau », voilà comment elle a résumé ses réponses sur ce propos. Entre mari et femme, il faut tout se dire et tout se partager. Parfois, ça va au-delà de la vie familiale ; le mari se permet souvent de s’immiscer dans les affaires professionnelles de sa femme, qui va même des fois jusqu’à la prise de décision. Pourtant, les deux n’ont pas toujours les mêmes visions, ambitions et manière de gérer, pour ne citer que l’homme qui perd facilement patience et la femme qui persévère face aux difficultés à subir pour réussir. Mais pour éviter l’effet négatif sur son ménage, des fois, la femme doit céder.

Son  slogan  : «  ..Toujours aller de l’avant … être jeune et femme ne doit pas empêcher d’entreprendre » image logo la thonnerie

 

 

Mais où trouver l’argent ?!

J’ai une idée ambitieuse qui pourrait bien devenir une entreprise florissante ! Une entreprise qui me permettrait de m’épanouir et nous mettrai à l’abri, mon fils et moi. Je n’ai pas peur de m’investir ou des nuits sans sommeil. Je peux même faire taire ma peur de l’échec. Cependant, j’ai un problème: j’ai peur de contracter un crédit!

Mais OU trouver l'argent -!En fait, j’ai l’impression que crédit rime avec endettement. Quand j’essaye de faire un plan de financement, je me fais aussitôt un scénario catastrophe, mes incertitudes prennent le dessus.  Pourtant, pour monter une entreprise il faut un minimum de financement et mes apports personnels sont largement insuffisants!

En creusant plus, j’ai constaté que d’autres solutions que le crédit en banque s’offrent à moi. Voici 4 pistes que je partage avec vous:

 

1- Les concours à la création d’entreprise ont l’intérêt de confronter le projet à la réalité et aux regards d’experts. Cela peut être un peu douloureux pour l’égo, mais participer à un concours demande de s’appliquer. Les prix ne sont pas négligeables, on parle de plusieurs milliers d’euros. En voici quelques-uns dédiés aux femmes entrepreneures:

Il existe de nombreux autres concours et rien ne vous oblige à vous limiter qu’à ceux réservés aux femmes. Le site Elles entreprennent propose une liste :  ici 

2- La levée de fonds/ le crowdfunding – c’est une méthode qui s’appuie sur notre réseau. Cela convient parfaitement pour un projet communautaire ou si vous êtes plutôt du genre populaire ! Attention tout de même, il n’y a pas d’effet levier magique !

La levée de fonds, même via les plateformes en ligne de crowdfunding, demande beaucoup d’investissement personnel, de structurer son projet et de bien le présenter.

Pour ma part, j’ai toujours procédé par étapes : d’abord rassembler un petit montant de départ, puis organiser un événement de levée de fonds dimensionné pour multiplier la mise de fonds initiale et ainsi de suite ! L’avantage est que la collecte de fonds mobilise un réseau de personnes qui seront nos futurs clients, collaborateurs, sponsors, etc.

3- Les tontines, qui étaient très fréquentes avant, permettent à chaque femme de contribuer à un pot commun et de bénéficier de l’épargne ainsi constituée chacune à son tour. Par exemple, un cercle de 12 jeunes entrepreneures cotisant 100 euros par mois peut permettre à chaque membre de toucher 1200 euros une fois l’an.

4- L’aide financière ou en nature de l’entourage peut carrément soulager de quelques factures ou permettre d’obtenir des services gratuits ou à moindre coût. Je ne vous dis pas de quémander systématiquement à vos proches ou de détourner la pension de retraite de vos parents, mais c’est essentiel pour une entrepreneure d’utiliser son réseau et quelques fois cela passe par un prêt ou un coup de main !

Il existe bien d’autres sources de financement à explorer. Elles feront l’objet d’un prochain article. Pour le moment, plus je me renseigne et plus cela m’encourage à ne pas voir le manque de financement comme une limite à la réalisation de mon projet!

Dominique.

 

EVERYTHING YOU'VE EVER WANTED IS ON THE OTHER SIDE OF FEAR