L’accompagnement des femmes entrepreneures vu par les coaches

Les partenaires de Youth Women Win sont partis à la rencontre de trois coaches  à la création d’entreprise afin de les interviewer sur leur vision de l’entrepreneuriat féminin. Quatre questions leur ont été posées  :

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  • Comment définissez-vous le métier de l’accompagnateur ?
  • Voit-on une différence entre les hommes et les femmes ?
  • Quels conseils donneriez-vous aux  femmes entrepreneures ?
  • Peut-on parler d’une évolution de l’entrepreneuriat féminin ?

 

Ces coaches sont situés en Belgique et accompagnent quotidiennement des femmes et des hommes dans le développement et le suivi de leur projet d’entreprise. Nous tenions ainsi à remercier  Aurelie-Anne Jacquerye, Vincent Vandernoot et Alexandre Bertrand de nous avoir accordé du temps pour réaliser ce témoignage et  Victor Lepoutre pour la capture d’images et le montage.

 

 

 

 

 

 

Etude sur l’entrepreneuriat féminin à Bruxelles (2015)

Comment l’entrepreneuriat féminin se porte-t-il à Bruxelles ? Women In Business, le réseau bruxellois des femmes entrepreneures, a tenté au travers d’une étude, de répondre à cette vaste question. Cette étude s’est basée sur le terrain et a été alimentée par les structures d’accompagnement bruxelloises dédiées uniquement à l’entrepreneuriat féminin. Bonne lecture !

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Johanna RAHAGA, créatrice de bijoux et décoratrice et dessinatrice sur verre

Pouvez-vous nous présenter votre entreprise, en quelques mots, … votre parcours  de sa création à ce jour ?johana-portrait

Après avoir été associée dans le cabinet d’études de ma mère, en parallèle  j’ai effectué des études universitaires dans le domaine de la gestion et la décoration.   Je me suis mise à mon compte il y a environ 5 ans. J’ai commencé par la création de bijoux fantaisies puis j’ai ajouté la gravure et décoration sur verre. Je réalise aussi des prestations de décoration d’église et salle de réception.Ma marque s’appelle OREV. C’est une partie du prénom de ma mère avec l’alphabet inversé (on commence par Z et on termine par A) : ma mère s’appelle Perlive et son prénom devient Kviorev .

Quelles ont été les opportunités et les menaces qui se sont présentés au cours du lancement de votre projet ?

Je suis née de parents ingénieurs qui fabriquent, créent et réparent des objets depuis toujours. J’ai commencé par créer des choses (bijoux, articles de décoration de mariage etc.) pour moi et puis d’autres personnes m’ont demandé d’en créer pour eux et c’est parti comme çà.

Pourquoi avoir choisi l’entrepreneuriat au lieu de salariat?  Et, comment faites-vous pour gérer, en même temps, vie familiale et vie professionnelle ?bijoux

A la base, je n’ai tout simplement pas d’autre repère de femme active étant donné que ma mère a été à son compte depuis pratiquement ma naissance. Puis avec l’arrivée de mes filles, c’est pour pouvoir profiter de leur enfance car j’aurais tout le temps de travailler quand elles seront plus grandes. Pour  concilier  ma vie familiale et vie professionnelle, je me fixe des tranches  horaires par jour pour chaque activité et des jours « dédiés » par semaine suivant les circonstances qui s’imposent.

Selon vous, quel est le plus grand défi que les femmes malgaches doivent relever pour pouvoir entreprendre ?

Le plus grand défi c’est d’OSER car la société malgache traditionnelle destine les femmes à être uniquement femme au foyer et se contenter de l’argent rapporté par son mari.

Votre  conseil ou votre devise ?

DIEU en premier, dans tout ce que j’entreprends car TOUT vient de Lui.logo

En savoir plus sur : https://www.facebook.com/orevcreation.madagascar?fref=ts

 

Entreprendre autrement – Focus sur Mylène Colmar, jeune femme engagée

Profession  Journaliste  : idées reçues et réalités

Peux-tu présenter ton blog,  la genèse de ce projet et à quels besoins il répond ?

Le blog de Mylène Colmar est le fruit d’une dizaine d’années de blogging durant lesquelles j’ai tenu successivement trois blogs. Ceux-ci m’ont permis d’apprendre à bloguer, de faire des rencontres exceptionnelles, d’affirmer ma plume et mes centres d’intérêt. Cependant, comme ils étaient hébergés sur des plateformes, je ne disposais pas d’une totale liberté. J’avais de plus en plus de mal à l’accepter, d’autant que je suis une journaliste indépendante. De plus, j’avais une vision de plus en plus claire d’une ligne éditoriale : parler de la Grande Caraïbe, informer sur ses actualités, ses enjeux, mettre en lumière son immense potentiel._W5A1977

Début 2015, j’ai donc lancé ce blog à mon nom. Il porte sur la richesse, le potentiel mais aussi la complexité de la Grande Caraïbe. Il présente des portraits d’entrepreneurs, des récits de conférences, des focus sur des sujets d’actualité et les enjeux majeurs de la région. Il me permet de m’exprimer sur des sujets qui me tiennent à cœur, de partager mes découvertes, mes informations sur l’espace caribéen. Ainsi, je dispose désormais d’un support qui m’appartient, mais aussi qui, sur le fond et la forme, me correspond bien.

Quels sont les leviers et difficultés de l’activité de blogueuse ?

Grâce à ce blog, mais aussi à mon activité professionnelle, je ne manque jamais d’inspiration, et encore moins d’informations. La Grande Caraïbe présente une telle diversité de territoires, d’actualités, de personnalités, que j’ai l’embarras du choix ! De plus, je reçois de plus en plus de d’invitations à assister à des événements, à découvrir telle ou telle entreprise, à parler de produits, etc. Bizzarrement, ma principale difficulté est dans la restriction. Je ne veux et ne peux pas tout couvrir, pour une question de temps, mais surtout pour préserver la qualité de ce que je publie sur mon blog. Je refuse ausssi les propositions qui ne correspondent pas à ma ligne éditoriale ou ont un caractère purement commercial.

Etre blogueuse, c’est avoir des satisfactions quasi au quotidien. Cela fait plaisir de rencontrer des gens qui ont apprécié un billet parce qu’ils ont obtenu une information, découvert un entrepreneur, un événement, etc. Ce sont des encouragements à continuer. Bien sûr, il y a toujours quelques personnes pour m’interroger sur la pertinence de cette activité, car elle ne me rapporte pas directement d’argent. Cependant, je balaye toujours cette critique, en affirmant : A chacun ses passions.

En tant que jeune femme, comment vis-tu cette activité et le regard qui se porte sur toi dans ton environnement professionnel et personnel ?  

Je le vis bien ! (rires) Plus sérieusement, les gens sont plus habitués à ce que les femmes tiennent des blogs sur la mode, l’esthétique ou les voyages. Cependant, dans notre région, de plus en plus de femmes bloguent aussi sur d’autres thématiques comme la mobilité, la cuisine, les technologies, l’entreprenariat ou sur des faits de société. Et elles sont de plus en plus connues, « sur le devant de la scène », notamment grâce aux réseaux sociaux. Les regards sont donc obligés de changer.

Depuis quelques temps, quand je parle de mon activité de blogueuse, je ne lis plus de l’ironie ou du scepticisme, mais plutôt de l’intérêt dans le regard de la majorité des gens. Et dans le cadre des rencontres pour mon blog ou dans l’exercice de mon métier, je suis de moins en moins confrontée à des attitudes paternalistes, sexistes. Certes, il y en a encore, mais plus rarement, si bien que j’ai le sentiment que cela a évolué.

Tu ne monétises pas ton blog. Pourquoi ce choix ? Quelles alternatives ?

Bloguer est une activité complémentaire de mon métier de journaliste, je me suis donc fixée pour règle de le faire avec le même professionnalisme. Cependant, gagner de l’argent grâce à mon blog n’a jamais été mon objectif premier, ni second d’ailleurs. Je ne fais donc pas des publireportages sur des entreprises, des articles de promotion de produits ou des échanges d’articles, par exemple. Je veux conserver cette totale liberté d’écrire sur ce que je veux, lorsque je le veux.  Par contre, j’envisage de plus en plus d’établir des partenariats de longue durée avec d’autres blogueurs ou des organisations. J’avoue y réfléchir encore, car trouver la bonne formule n’est pas si évidente.

Quels développement, évolutions envisages-tu à partir de ton blog ?

En un an et demi, j’ai effectué un travail important pour faire connaître mon blog, via notamment des réseaux sociaux comme Twitter, Facebook et Pinterest. Il fait désormais partie de ma « carte de visite » et m’a déjà permis d’étoffer mon carnet d’adresses d’entrepreneurs, de blogueurs, d’influenceurs, caribéens notamment. Je veux travailler de plus en plus sur des projets qui leur permettraient de mieux se connaître et d’obtenir les outils et contacts indispensables pour concrétiser leurs ambitions.

Mon blog s’inscrit déjà dans cette dynamique, les partenariats que je souhaites signer aussi. Dernièrement, j’ai accepté de rejoindre en tant que referente Secret Birds Caribbean, une plateforme web qui vise à soutenir  l’entrepreneuriat féminin caribéen et qui sera lancée fin décembre. Je suis convaincue qu’en multipliant les échanges d’informations et les collaborations entre Caribéens, nous parviendrons plus rapidement et efficacement à créer et à pérenniser des entreprises, des projets d’envergure dans notre région.

Quels conseils aux jeunes femmes qui souhaitent se lancer dans ce type d’activité ?

Lancer un blog, c’est peu coûteux et facile. Trouver le temps pour le tenir et le promouvoir est le plus difficile. Entre les obligations sociales, familiales et professionnelles, il peut vite devenir la dernière roue du carosse. Or, le blogging demande de l’endurance et de la patience. Lancez-vous ! Ne culpabilisez pas, si vous n’avez rien publié pendant un mois ou deux ! L’essentiel est d’y revenir. Ne perdez pas de vue vos objectifs, votre ligne éditoriale, vos règles de déontologie. Et puis, mes décisions sont toujours guidées par un mot-clé : honnêteté.

Mon blog : http://mylenecolmar.com/       @Mycho sur Twitter https://twitter.com/Mycho

Le blog de Mylène Colmar sur Facebook https://www.facebook.com/blogdemylenecolmar/